Art Antwerp: Antwerp | Belgium

10 - 13 Décembre 2026 
Présentation
A02

Réunissant six artistes aux horizons culturels et géographiques multiples, cette présentation explore la manière dont les souvenirs personnels peuvent entrer en résonance bien au-delà de l’expérience individuelle. Chacun part d’un lieu, d’une mémoire, d’une expérience vécue ou d’un héritage culturel, qu’il transforme en un récit à portée collective. Une maison, une ville, une ruine, une ombre ou un souvenir familial deviennent ainsi les points d’entrée vers des expériences qui nous sont communes.

 

Fariba Boroufar (Iran) puise dans ses souvenirs de l’architecture historique iranienne et transpose les couleurs, les motifs et les formes des bâtiments marqués par le temps dans de délicats ouvrages textiles brodés. Par la lenteur et la précision du geste, elle fait surgir des lieux menacés de disparition, nous invitant à porter notre regard sur ces paysages fragiles qui participent à la construction de nos identités.

 

Elolo Bosoka (Ghana) nourrit sa pratique de ses déplacements et de ses passages d’un lieu à l’autre — de Kumasi et Accra à Copenhague, Clermont-Ferrand, Paris et Karlsruhe, où cette série a été réalisée. Ses œuvres prennent appui sur les traces du quotidien : fragments de murs, fenêtres, routes, reçus, cartes ou véhicules, autant de supports portant les marques des personnes et des lieux qu’ils ont traversés. Plutôt que de considérer ces matériaux trouvés comme des surfaces vierges, Bosoka les aborde avec curiosité et transforme les traces accumulées de leur usage en gestes picturaux. L’ordinaire devient ainsi une mémoire des déplacements et des rencontres, reliant l’expérience individuelle à une présence humaine commune, souvent discrète et inaperçue.

 

Saïdou Dicko (Burkina Faso) trouve l’origine de sa pratique dans ses souvenirs d’enfance, lorsqu’il était berger et observait les ombres des arbres et des animaux se déployer sur le sol. Ses photographies et ses dessins mettent souvent en scène des enfants en train de jouer, célébrant la curiosité, la liberté et l’imaginaire propres à l’enfance. En faisant de l’ombre une figure à part entière, il efface les différences et fait apparaître ce qui nous relie : une même capacité d’émerveillement, de jeu et de joie.

 

Salifou Lindou (Cameroun) célèbre la poésie silencieuse de la vie domestique. La lumière, le mobilier, les étoffes et les espaces intérieurs du quotidien composent des scènes où se révèle une sensation familière et universelle : celle d’être chez soi, dans un lieu à la fois refuge et espace d’appartenance.

 

Mouhcine Rahaoui (Maroc) s’inspire de la mémoire collective de Jerada, ville minière profondément marquée par le déclin économique. Son travail fait émerger les récits du travail, de la perte, de la résilience et de la solidarité, transformant une histoire locale en une réflexion plus large sur la dignité et ce qui, dans l’expérience humaine, peut être partagé.

 

Hervé Yamguen (Cameroun) crée des sculptures en bronze peuplées de figures hybrides, à la croisée de l’humain, de l’animal et du végétal. Ancrés dans son imaginaire personnel, ces êtres en perpétuelle métamorphose nous invitent à considérer les liens qui unissent toutes les formes du vivant et à reconnaître, au cœur de l’intime, une dimension universelle.

Œuvres