AFIKARIS a le plaisir de présenter la deuxième exposition personnelle à la galerie de l'artiste Ozioma Onuzulike. 

 

À travers les sociétés africaines, le bouclier n’a jamais été simplement une arme de guerre. C’est un objet d’identité, de sacré et d’esthétique — souvent orné de motifs, de couleurs et de matériaux qui reflètent la lignée, les croyances et les valeurs communautaires. En transformant des perles en céramique issues de coques de palmiste, des structures de type cotte de mailles et des boutons marqués par l’empreinte de la dentelle en formes évoquant des boucliers, la série Shields revalorise le bouclier comme une métaphore moderne de la survie dans un monde fragmenté.

 

Fabriqués dans l’atelier de céramique plutôt que sur le champ de bataille, ces boucliers ne promettent pas l’invincibilité. Ils évoquent plutôt une défense psychologique, culturelle et éthique. La résistance fragile de l’argile cuite, à la fois durable et cassante, reflète la condition des sociétés contemporaines, où la résilience est constamment mise à l’épreuve par l’instabilité politique, les crises environnementales, les inégalités et l’effacement culturel. Le fil de cuivre relie les fragments de céramique, faisant écho aux liens sociaux qui maintiennent les communautés unies sous pression.

 

Les matériaux eux-mêmes portent des histoires multiples. Les coques de palmiste et le verre évoquent le commerce, le travail et l’extraction ; les formes de cotte de mailles suggèrent à la fois protection et contrainte ; les boutons imprimés de dentelle renvoient au prestige, à l’adaptation et aux esthétiques héritées. En tant que boucliers, ces éléments indiquent qu’aujourd’hui, la protection n’est plus uniquement physique : elle implique aussi de préserver la mémoire, la dignité et la vérité.

 

À l’échelle mondiale, la série Shields fait écho aux enjeux contemporains de protestation, de migration, de violences genrées et de lutte pour la parole sous des régimes autoritaires. Comme les précédentes œuvres de l’artiste, regroupant vêtements et armures en céramique, ces boucliers brouillent la frontière entre beauté et protection. Ils posent ces questions : que défendons-nous ? Qui est protégé ? Et à quel prix ?

 

Dans ces œuvres, l’ornement devient une forme de résistance, l’artisanat fait office de témoignage, et le bouclier devient un espace où se croisent l’histoire, la vulnérabilité et l’espoir.